8h30. Debout. On se retourne dans le lit pour faire un câlin à Winnie l'Ourson (ou son Pokémon en peluche, selon la génération). Une odeur de sommeil se dégage de la couette tel un fumet nous plongeant dans la cruauté du réveil. Le téléphone portable chantonne. Ca ressemble au chant d'un paon qui s'égosille sur un air de musique classique dont on ne connaîtra jamais l'auteur. La seule envie qu'on ait est de plonger la tête dans cet oreiller moelleux et tiède, antonyme parfait de la vie active. Ce soir on culpabilisera de n'être qu'une fainéante dont les parents ouvriers travaillaient sans broncher pour nourrir une bande de gamins égoistes. En attendant la délivrance, on essaie, telle une limace sur le départ, de sortir des bras de John. La réflexion progressant, le cerveau se détachant lentement de l'oreiller, on retrouve sa bipédie pour pouvoir se hisser jusqu'aux céréales. Un fruit serait plus judicieux, mais pour la pénibilité du moment, on est en droit de demander un rush de sucres rapides. On manque de s'étrangler avec un flocon d'avoine...